Les hangars d'Apia
1918–1919Les canots au large
Apia n'a pas de quai pour les navires de haute mer. Passagers, sacs postaux, caisses, tout gagne la terre dans des canots et des allèges aux équipages samoans, si bien que les premiers Samoans à monter à bord sont toujours les hommes des canots, pour la plupart des aumaga, les jeunes gens sans titre des villages du port. Le 7 novembre 1918, huit jours après avoir quitté Auckland, le vapeur Talune mouille en rade. Il amène des passagers et le courrier des îles, une patente de santé nette délivrée à Auckland, et un capitaine qui la sait fausse. Celui-ci a ordonné aux malades de se cacher. La consigne cède à la ligne de flottaison : l'équipage apprend aux canotiers que le navire sort d'une quarantaine à Suva, et ils voient les six passagers gravement atteints.

Dans les villages qui bordent le port, les matai, chefs de famille titrés, interdisent à leurs jeunes gens de travailler sur tout navire qui porte la maladie. Les canots se tiennent donc à l'écart du flanc du Talune, et personne ne descend à terre. Le jour même, les faipule, représentants de district qui siègent auprès de l'administration, adressent une pétition à l'Administrateur, de concert avec le bureau des grands chefs qui le conseillent. Les archives désignent les pétitionnaires par leur charge et ne mentionnent pas le contremaître qui a refusé le premier.
Administrateur militaire, le colonel Robert Logan n'a reçu aucun ordre. Wellington ne lui a rien transmis sur la quarantaine, aucun médecin ne l'a conseillé, et nul avertissement n'est venu par la radio d'Auckland, où l'épidémie court déjà les rues. Les maisons de commerce de la plage exigent qu'il brise l'arrêt de travail. Il faudrait pour cela réquisitionner les équipages, ce que sa garnison est trop maigre pour faire, et lancer des soldats contre des Samoans, ce qu'il refuse. Il signe un ordre : nul ne débarquera, et les marchandises viendront à terre par élingue seulement, sans contact. Cette signature, la colonie la porte en poche depuis 1915, surimprimée sur les billets d'une livre de la Bank of New Zealand. Au bas de l'ordre, elle donne une forme officielle à un refus déjà en vigueur.
Un Logan qui fermerait le port de son propre chef, sur ce qu'il sait des malades à bord, cadrerait mal avec ce qu'on sait de lui : son habitude, attestée, était d'attendre les directives, et ici encore il attend que la plage décide pour lui. Retenir le navire en rade et prévenir les Tonga supposerait ce que personne à Apia ne voulait payer. Il aurait fallu ravitailler un vapeur infecté au mépris des horaires de l'Union Company, sur un budget que Wellington refusait d'augmenter, et obtenir un geste de courtoisie d'un administrateur qui n'avait pas coutume d'alerter ses voisins, par une voie qui n'existait peut-être pas. Les villages du port veulent voir partir le navire. En quelques jours, il est autorisé à gagner les Tonga, où passagers et courrier de Samoa poursuivent aux frais de la compagnie. Apia le sait infecté. Elle fait aux Tonga exactement ce que Suva lui a fait.
À partir du 7 novembre, le boycott s'étend à tout navire venu d'un port infecté. Les conseils de matai interdisent de se rendre à Apia ; dans les villages, des comités de femmes constitués ce mois-là font respecter l'isolement. Par les petites embarcations qui passent le détroit arrive la nouvelle que le gouverneur Poyer a fermé les Samoa américaines à toute navigation. Les faipule en font un précédent, et l'argument des négociants pour un port ouvert s'effondre, puisque le commerce avec la rive américaine est fermé de toute façon. L'armistice du 11 novembre libère la garnison. Le 30 novembre, Logan ferme les Samoa occidentales à toute navigation, aux conditions de Pago Pago, tandis que la liaison radio à travers le détroit reste ouverte. Les deux ports tiennent une quarantaine commune tout au long de 1919.
Fin décembre, les Samoa occidentales n'ont enregistré aucune épidémie. Les morts de notre monde, quelque 8 500 personnes au début de 1919, soit 22 % de la population selon le décompte officiel et un quart selon d'autres, en majorité des gens de dix-huit à cinquante ans et parmi eux bien des matai âgés, sont vivants, et c'est le commerce qui paie la fermeture. Pendant toute la saison des pluies, le coprah reste dans les entrepôts des négociants et pourrit dans les sacs. Le riz, la farine, la viande en conserve arrivent en retard. Bateliers et dockers perdent leur salaire. La station de quarantaine, gardée, est payée sur un budget d'occupation que Wellington refuse d'abonder, et le droit d'exportation sur le coprah se tarit. Les maisons de commerce européennes et métisses supportent l'essentiel de la perte. Elles rédigent une demande d'indemnisation qui parle d'ingérence indigène dans la navigation, et l'envoient à Wellington par le premier courrier de 1919.
1919–1924En vis-à-vis
Propriétaire et rédacteur du Samoa Times, James Ah Sue place la pétition des faipule et la réclamation des négociants sur deux pages en regard, dans le même numéro. La grippe qui l'a emporté le 21 novembre 1918 dans notre monde ne l'a pas atteint, et il compose lui-même ce numéro dans son atelier, à deux pas de Beach Road, en relisant à l'envers la forme de droite jusqu'à la ligne des pertes du commerce du coprah. D'ascendance chinoise et samoane, il a acheté le journal en 1916 et n'appartient tout entier à aucun des deux camps. Pendant un siècle, toutes les parties emprunteront et citeront la collection reliée de cette semaine-là.
En mai et juin 1919, une commission royale parcourt les Samoa et les Tonga comme dans notre monde, mais sur un autre objet. Elle y avait conclu à la négligence d'Apia ; cette fois, elle examine la patente nette délivrée à Auckland, la dissimulation du capitaine, le silence transmis d'un port à l'autre, et elle entend les bateliers. Elle consigne qu'Apia savait le navire infecté quand elle l'a renvoyé. Sur ce constat prendra appui le grief des Tonga.
Début 1919, au terme de son affectation de guerre, Logan part sans blâme et ne revient pas. Ses successeurs maintiennent le gouvernement militaire. On ne sait si Poyer reçoit encore sa Navy Cross ; la citation que nous connaissons, avec ses « plus de 10 000 morts dans les îles voisines », ne pourrait pas s'écrire ici. La réclamation des négociants n'est jamais payée.
Le 1er mai 1920, le gouvernement civil s'installe, et le mandat de la Société des Nations suit. Parmi les premières mesures de la nouvelle administration figure une ordonnance sur la santé portuaire et l'acconage. Chaque embarcation du port doit désormais avoir sa licence, la quarantaine passe sous l'autorité du médecin-chef, et le port cesse de dépendre d'un comité de chefs. La santé, dit l'administration, est une affaire technique. La grippe n'atteint les Samoa qu'au début des années 1920, par vagues plus bénignes, une fois la souche virulente éteinte, et elle tue beaucoup moins. Les comités de femmes sont intégrés aux inspections sanitaires du gouvernement sans être remplacés par elles. Les faipule protestent contre l'ordonnance, et leur protestation porte l'accusation sur laquelle se bâtira la décennie suivante : « la colonie a pris le port à ceux qui l'avaient fermé ».
1925–1934Le mouvement des hangars
Près du débarcadère d'Apia, les hangars à bateaux abritent le jour les allèges sous licence et, à partir de 1925 environ, les réunions d'un mouvement. Vers le milieu des années 1920, l'administration commence à s'immiscer dans les litiges de titres et à exiler les titulaires qui lui résistent. Elle se heurte à une génération que notre monde n'a pas eue. En âge de travailler en 1918, ces hommes ont maintenant entre vingt-cinq et cinquante-cinq ans, ils portent des titres, et leur méthode de non-coopération a fait ses preuves contre un vapeur. Leur mouvement naît deux ans environ avant le Mau, la campagne qui, dans notre monde, a commencé en 1927. Il siège aux hangars, et non à Vaimoso.

Sa base villageoise est faite des comités de femmes. Les négociants restent à part, dans un comité à eux qui pétitionne contre les contrôles commerciaux et pour la réclamation impayée ; ils ne rejoignent le mouvement que lorsqu'un grief se trouve coïncider. Plus pauvre que le Mau de notre monde, moins pourvu d'amis à Wellington, le mouvement pénètre plus loin dans les villages.
En 1926, Petelo a vingt-quatre ans et tient un tampon au bureau de la santé portuaire, où il délivre les licences de bateaux au titre de l'ordonnance contre laquelle ses oncles ont manifesté. L'école de la mission lui a donné une belle écriture anglaise. Son père et trois oncles, que l'épidémie aurait emportés dans notre monde, sont en vie et occupent les sièges au-dessus de lui. Il passe ses soirées aux hangars, avec l'aile radicale du mouvement, pleine d'hommes comme lui.
Tavita avait vingt-deux ans et tenait l'aviron le 7 novembre 1918. Il porte les messages du mouvement de village en village. Il a une femme, quatre enfants, et pas de siège au conseil du village.
Wellington n'a rien à se reprocher de 1918 et tient d'emblée le mouvement pour séditieux. Des titulaires sont exilés dans d'autres îles. Des forces navales néo-zélandaises viennent à Apia appuyer les arrestations de la police. À la fin des années 1920, sur le front de mer, la police tire sur un cortège du mouvement et tue plusieurs Samoans, hommes titrés et sans titre ensemble. La fusillade de décembre 1929 que notre monde a connue sur ce même front de mer n'a pas lieu sous cette forme : ce sont d'autres hommes, un autre jour. Leurs noms sont peints sur les planches des hangars, et c'est là qu'on les pleure. Le dossier de l'administration ne donne qu'un chiffre. Aux funérailles, les orateurs répètent la phrase que le mouvement oppose depuis 1925 à la signature de Logan : « nous nous sommes sauvés nous-mêmes ».
1935–1947Un demi-titre
En 1935, le nouveau gouvernement travailliste de Nouvelle-Zélande reconnaît le mouvement et lève l'accusation de sédition. Il l'aurait fait de toute façon : le changement relève de la politique néo-zélandaise. Le mouvement quitte les hangars pour les maisons de conseil, et les trouve bondées.
Les titres supérieurs sont aux mains des hommes de 1918. Les cadets et les fils formés à la mission, qui ont hérité tôt de ces titres dans notre monde en comblant les vides laissés par l'épidémie, attendent : ils font les commis à Apia, ou prennent à l'étranger les premiers emplois salariés. Depuis 1919, un cinquième environ d'adultes en plus ont des enfants, et la terre coutumière vient à manquer dès la fin des années 1930, une décennie à peu près plus tôt que dans notre monde. Les familles commencent alors à scinder les titres, pour que plusieurs héritiers puissent en porter un. Tavita a quarante-deux ans en 1938 quand il reçoit la moitié du titre de son défunt oncle, partagé avec un cousin. Il attendait depuis vingt ans un siège au fono, le conseil du village, et c'est ce titre partagé qui le lui ouvre.
La Seconde Guerre mondiale atteint les îles en 1942, quand les forces américaines arrivent sur Upolu. Jusqu'en 1944, elles trouvent une population active plus nombreuse d'un cinquième environ que dans notre monde, et elles apportent le salariat sur les routes et les pistes d'aviation, les marchandises américaines dans les boutiques. Le souvenir de la liaison radio maintenue en 1918 nourrit un courant favorable à des liens plus étroits avec l'Amérique et à l'unité des deux Samoa. Tant que Pago Pago reste une base navale, l'unité est impossible. Les dirigeants se servent de ce courant comme d'un levier contre Wellington.
En 1947, les Samoa occidentales deviennent territoire sous tutelle des Nations unies. La pétition du mouvement au Conseil de tutelle se signe aux hangars un matin, avant la sortie des bateaux, sur une allège retournée. Tavita, cinquante et un ans, signe avec son demi-titre. Bâtie autour des matai, la pétition place la terre en tête. Sa première demande est que les domaines allemands confisqués, un cinquième environ du territoire, passent aux villages voisins. La plupart des signataires travaillaient déjà en 1918. Les plus vieux ont passé soixante-dix ans.
La pétition part pour le Conseil de tutelle dans la première année de la tutelle.
1948–1960Le prélèvement aux hangars d'achat
Le prélèvement est une retenue par sac de coprah, opérée au hangar d'achat avant que le planteur soit payé, et il sert à payer la terre. Au début des années 1950, un règlement conclu sous la tutelle remet environ la moitié des anciennes surfaces allemandes aux villages contigus, en tenure coutumière. L'autre moitié reste à une société d'État : les domaines étaient la principale ressource du territoire, et le Trésor ne peut pas tout céder d'un coup. Le prélèvement sur les petits planteurs des villages comble l'écart.

Les ouvriers des domaines, dont beaucoup venaient d'autres îles, perdent leur place au changement de mains. Au-dessus de la route côtière, un petit exploitant met désormais en terre des cocotiers, sous le titre de sa famille, sur un sol qui était plantation allemande en 1912. Il doit le prélèvement dès sa première récolte.
Au milieu des années 1950, Wellington ouvre aux Samoans du territoire sous tutelle un régime de permis de travail, pour combler une pénurie de main-d'œuvre dans ses usines. L'émigration commence plus tôt que dans notre monde, et plus massivement. Les mandats postaux d'Auckland se mettent à payer les toits des églises et les frais de scolarité.
Plutôt que de tenir par la police une administration foncière contestée, Wellington préfère s'en défaire. Les missions de visite des Nations unies observent des comités villageois qui tiennent les inspections sanitaires depuis 1918. Le Conseil de tutelle accepte un calendrier accéléré, et un plébiscite a lieu en 1959. Réunie la même année, la convention constitutionnelle verrouille le suffrage réservé aux matai plus étroitement que le texte réel de 1960, sur une liste électorale que les titres scindés gonflent déjà. La liste séparée des métis d'Européens est réduite à un seul siège, et la convention sait pourquoi : en 1918, les maisons de commerce ont pris parti contre les canots. Les femmes sans titre et la plupart des jeunes hommes ne votent pas.
Le 1er janvier 1960, deux ans avant la date réelle, les Samoa occidentales deviennent indépendantes. Elles gardent une monnaie en livres, sur des billets de leur propre émission arrimés à la Nouvelle-Zélande, ainsi que leur commerce néo-zélandais. Les vapeurs de l'Union Company transportent toujours l'essentiel de leurs habitants et de leur coprah.
1960–1997La liste déborde
En 1961, une femme de vingt-six ans inspecte les citernes pour le comité de son village, comme sa mère avant elle. Elle ne peut pas voter pour le parlement d'Apia. Au milieu des années 1960, un quai en eau profonde met fin à l'acconage, et le métier dont les équipages avaient fermé le port disparaît ; les hangars deviennent propriété du mouvement et lieu de mémoire. Le tala, nouvelle monnaie, remplace la livre en 1967, dans le sillage de la décimalisation néo-zélandaise. Les Fidji et les Tonga accèdent à l'indépendance en 1970, l'année où les Samoa occidentales entrent dans le Commonwealth ; le siège aux Nations unies suit en 1976. Aucune de ces dates ne doit rien à 1918. La guerre froide ne déplace pas davantage les alignements. La sympathie pour la rive américaine du détroit reste affaire de sentiment, plus encore à partir de 1977, quand les Samoa américaines élisent leur propre gouverneur.
Le choc pétrolier de 1973 alourdit la facture d'importation d'une économie du coprah. À Auckland, les Dawn Raids de 1974 à 1976, ces perquisitions policières chez les familles du Pacifique pour traquer les dépassements de séjour, frappent plus de foyers samoans que dans notre monde, car la cohorte des permis des années 1950 et sa parenté sont plus nombreuses.
Au pays, la scission des titres se poursuit dans les années 1960 et 1970, jusqu'à ce que nul ne puisse ignorer la fiction d'un suffrage réservé aux matai et détenu par des demi-titres et des quarts de titre. Une vaste diaspora paie les toits des villages et ne vote pas. En 1981, neuf ans avant la réforme réelle de 1990, un référendum accorde le suffrage universel. L'éligibilité reste réservée aux matai. Jusque-là, de 1960 à 1981, les femmes sans titre et la plupart des jeunes hommes ont vécu sous les lois d'un parlement qu'ils n'élisaient pas.
Deux partis se disputent la première élection au suffrage universel. Héritier du mouvement du port, le Tautai Party parle pour les matai des villages. L'Apia Citizens' Union descend du comité des négociants et des commis bloqués des années 1920. Aucun ne tient de majorité durable. Les quatre décennies de règne d'un seul parti qu'a vécues le Samoa de notre monde ne se forment jamais : le suffrage et le système des partis ont changé avant.
L'arrêt du Conseil privé de 1982 sur la citoyenneté néo-zélandaise, et la loi qui en a restreint la portée la même année, restent en vigueur. Ils règlent le statut d'une population bien plus nombreuse, déjà installée en Nouvelle-Zélande, et la querelle s'échauffe davantage dans les deux capitales. De 1984 à 1991, la restructuration néo-zélandaise supprime à Otahuhu des emplois d'usine tenus par une main-d'œuvre samoane plus nombreuse que dans la réalité, et les envois de fonds baissent plusieurs années de suite. Comme le cours du coprah s'effondre, un gouvernement de la Citizens' Union abroge le prélèvement à la fin des années 1980. La querelle des recettes se porte alors sur la moitié des anciens domaines restée à la société d'État.
Les cyclones de 1990 et 1991, puis la maladie des feuilles du taro en 1993, frappent le plus durement les villages surpeuplés des terres partagées. La migration penche vers l'Australie, par la voie de la citoyenneté néo-zélandaise. La fin de la guerre froide, en 1991, change peu de chose sur place. En 1997, le pays prend le nom de Samoa, et les Samoa américaines protestent, comme dans notre monde.
2000–2026Au matin du 7 novembre
En 2000, pour le quarantième anniversaire de l'indépendance, le gouvernement néo-zélandais présente des excuses sur quatre points : l'ordonnance portuaire de 1920, les exils, les morts du front de mer et la gestion des domaines. Aucune clause ne vise le Talune. Personne aux Samoa n'est mort de la décision de le laisser accoster, alors que dans notre monde les excuses de 2002 nommaient cette décision avec regret. À l'école, les enfants apprennent les canots qui n'ont pas voulu ramer, la pétition, l'ordonnance, et Logan dans le rôle de l'homme qui a signé.

Pour une population qui vit de plus en plus de l'autre côté de la mer, chaque fermeture de frontière compte. Après les attentats de septembre 2001, les conditions d'entrée aux États-Unis se durcissent et gênent, à la marge, les voyages familiaux d'une rive à l'autre du détroit. Ouvert par la Nouvelle-Zélande en 2002, le Samoan Quota, tirage au sort de titres de résidence, garde sa forme réelle et se trouve submergé. Comme les envois de fonds approchent déjà 40 % du revenu national, la crise financière de 2008 atteint les budgets des villages plus vite que dans notre monde. Les Samoa passent à la conduite à gauche en 2009 et franchissent la ligne de changement de date en 2011. Après le tsunami du 29 septembre 2009, les secours traversent le détroit dans les deux sens, et les journaux d'Apia racontent de nouveau la quarantaine commune. L'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce en 2012 et la sortie de la catégorie des pays les moins avancés en 2014 arrivent dans les délais prévus.
Le centenaire de 2018 a quatre propriétaires. Les lignées du port commémorent les canots, l'État néo-zélandais l'ordre de Logan, et les familles de négociants rappellent la ruine et une réclamation jamais payée. La cérémonie solennelle se tient aux Tonga, sur la foi de la conclusion de la commission : Apia savait. L'État samoan n'envoie pas d'excuses. L'année suivante, la rougeole se répand après un effondrement de la confiance dans les vaccins, que le souvenir de la quarantaine villageoise n'a pas empêché. En mars 2020, les responsables qui ferment la frontière contre la Covid-19 invoquent en revanche les équipages des canots et les comités de femmes, et les îles restent pour l'essentiel épargnées jusqu'en 2022. Les élections de 2021 passent dans l'alternance ordinaire ; l'impasse constitutionnelle de cette année-là, dans notre monde, n'a ici pas de cause. Après l'éruption sous-marine de janvier 2022 au large des Tonga, Apia envoie des secours, et des commentateurs tongiens relèvent qu'ils n'apportent pas un mot sur 1918. Le carburant et la farine importés, que la guerre en Ukraine renchérit la même année, pèsent sur ces envois comme sur les cuisines des villages.
Nés en Nouvelle-Zélande et en Australie, des requérants de plus en plus nombreux portent des affaires de titres en justice et veulent louer leur part de terre coutumière. Un projet de loi de la Citizens' Union placerait la Land and Titles Court sous le contrôle de la Cour suprême et élargirait la location. Le bloc villageois du Tautai Party y voit l'ordonnance de 1920 qui revient. L'élection de cette année se joue sur ce texte ; la dissolution de 2025 qu'a connue notre monde n'a jamais lieu. Les Samoa comptent environ 230 000 habitants, et plus de 260 000 Samoans vivent en Nouvelle-Zélande, sans compter ceux d'Australie.
À cinq heures du matin, le 7 novembre 2026, les hangars sont ouverts. Le toit a été refait l'an dernier avec de l'argent envoyé d'Auckland. Sous les planches des noms, le petit-fils de Tavita, qui détient un quart du titre, est assis sur une chaise en plastique, un téléphone calé contre un thermos, branché sur une radio de libre antenne. Une femme appelle d'Otahuhu. Arrière-petite-fille du commis Petelo, dont le fils est parti en 1956 avec un permis, elle dit vouloir louer une terre dans un village où elle est allée deux fois. Dehors, les gens des villages du port commencent à arriver.
Le même matin, à Nuku'alofa, capitale des Tonga, on lit à voix haute, nom après nom, les morts tongiens du Talune, d'après la liste de la commission de 1919, sans officiel samoan dans l'assistance.
Chacun de ces mondes a été pesé contre celui que vous venez de lire. Voici où chacun se rompt.
Le 7 novembre 1918, le colonel Robert Logan voit les malades à bord du Talune, apprend que le navire sort d'une quarantaine à Suva et lui ferme Apia de sa propre autorité.
C'est la façon la plus simple de sauver les Samoa occidentales, et nous l'avons pesée en premier. Elle se rompt le jour même, le 7 novembre 1918, sur le caractère d'un homme. Ni la radio, ni le câble, ni le courrier n'avaient porté jusqu'à Apia la nouvelle de la quarantaine de Suva. Logan attendait les ordres, ses états de service le montrent, et ce jour-là il n'a ni médecin auprès de lui ni instruction de quarantaine venue de Wellington : rien dans son administration n'est fait pour agir seul. Il faudrait un second miracle par-dessus le premier, et cette route rendrait le sauvetage à l'administrateur colonial, la réparation de 1918 que nous tenions le moins à faire. Nous avons confié le moment décisif aux canotiers des villages du port.
Les autorités sanitaires d'Auckland ou de Wellington préviennent Apia par radio avant que le Talune ne mouille, et le port se ferme sur instruction néo-zélandaise.
La grippe courait déjà les rues d'Auckland au départ du navire, et un télégramme aurait suffi : c'est pourquoi nous l'avons pesée. Les archives de novembre 1918 la ruinent. Personne n'a envoyé d'avertissement, le Talune a quitté Auckland avec une patente de santé nette, et les fonctionnaires néo-zélandais avaient leur propre épidémie sur les bras. Leur faire alerter Apia reviendrait à prêter au service de santé colonial une compétence qu'il n'avait pas ce mois-là. La décision quitterait aussi les Samoans qui l'ont prise dans le monde que nous avons déroulé, pour retourner dans un bureau de Wellington.
Le gouverneur Poyer, des Samoa américaines, ou la marine des États-Unis derrière lui, oblige l'administration néo-zélandaise à fermer Apia le 7 novembre 1918.
Le port verrouillé de Pago Pago prouve que la fermeture marchait dans ces îles, et nous avons donc examiné cette route. Elle bute en novembre 1918 sur une question de juridiction. Poyer gouvernait Tutuila et n'avait aucune autorité sur un port tenu par la Nouvelle-Zélande ; nos sources ne datent même pas ses propres mesures d'assez près pour les placer avant l'arrivée du Talune. Remplacer un sauveteur néo-zélandais par un sauveteur américain réduirait les Samoans au rôle de témoins. Il en reste quelque chose. La nouvelle de la fermeture de Poyer passe le détroit en petites embarcations, et les faipule la citent comme précédent quand Logan ferme tout le territoire, le 30 novembre.
Apia se ferme d'abord au Talune par la pétition des faipule à Logan, ou par la nouvelle de la quarantaine de Suva apportée par les missionnaires ou par le câble.
Les faipule disposaient d'une voie officielle jusqu'à l'Administrateur, et un appel écrit laisse dans les archives une trace plus nette qu'un refus aux avirons. Nous l'avons pesée pour cette raison. Elle se rompt en quelques heures, le 7 novembre 1918 : une pétition avance au pas d'un bureau, et le navire est déjà en rade. Rien n'étaye la route des Fidji, car aucune source trouvée ne montre que les missions ou le câble aient apporté à temps la nouvelle de Suva. La pétition garde un rôle plus modeste. Déposée le jour même, elle donne une forme officielle au refus que les équipages des canots ont déjà opposé.
Le Talune reste en rade d'Apia jusqu'à ce que la maladie s'éteigne à bord, si bien qu'il ne porte jamais la grippe aux Tonga.
Seule issue qui épargne les Tonga en même temps que Samoa, elle méritait d'être pesée. Elle casse avant la fin de novembre 1918, faute d'argent et de volonté. L'Union Company veut son vapeur sur ses horaires, et Wellington refuse de mettre une livre de plus dans le budget d'occupation. Il faudrait que quelqu'un à Apia ravitaille pendant des semaines un navire infecté en vivres, en eau et en charbon ; personne n'en a les moyens ni l'envie. Comme le Logan qui agirait seul, elle demande à l'administration plus qu'on ne l'a poussée à faire. Le Talune est autorisé à gagner les Tonga en quelques jours.
Apia télégraphie à Nuku'alofa que le Talune est infecté, et les autorités tongiennes le mettent en quarantaine dès son arrivée.
Pour les Tonga, c'est la route audacieuse, et la prudence n'a joué aucun rôle quand nous l'avons écartée. Elle se rompt en novembre 1918 sur les usages de tous les ports de la ligne. Auckland avait délivré une patente nette. Suva avait laissé repartir le navire sans un mot pour Apia, et dans les villages du port on voulait voir le vapeur quitter la rade, sans songer à ceux qui le recevraient ensuite. Un avertissement supposerait un geste volontaire de Logan, dont les habitudes de liaison radio avec ses voisins vont en sens inverse, puis une décision tongienne prise par une voie qui n'existait peut-être pas. Apia fait donc aux Tonga ce que Suva lui a fait, et la commission royale de 1919 le consigne.
La fermeture fuit : un navire plus tardif débarque la grippe, et une épidémie partielle tue entre 2 et 8 % des Samoans occidentaux en décembre 1918 et janvier 1919.
Les quarantaines fuient, et un vapeur qui passe entre les mailles reste tout à fait possible ; nous avons pesé cette route sérieusement. La fermeture complète se défend aussi bien. En face, Tutuila a tenu des années sans un mort, et ici les conseils de matai interdisent d'aller à Apia tandis que les femmes des villages font respecter l'isolement à l'intérieur. Entre deux issues que les sources soutiennent à égalité, notre règle est de prendre la plus éloignée de notre monde. Une épidémie partielle laisserait une génération plus clairsemée pour porter les années 1920, et une divergence réduite d'autant.
Les Samoa occidentales ne produisent aucun mouvement pour l'autonomie dans les années 1920.
Le Mau de notre monde est né pour une part du deuil de 1918, et ce deuil manque ici : d'où notre examen. La route casse dans les années 1920. Qui porte les titres, qui tient la terre, qui parle au nom des Samoans devant l'administration : ces querelles précédaient l'épidémie et ne lui devaient rien. Les maisons de commerce d'Apia entretiennent leurs propres griefs à côté. L'ordonnance de 1920 sur la santé portuaire et l'acconage en ajoute un, puisqu'elle prend le port à ceux qui l'ont fermé. Pour une Samoa sans mouvement, il faudrait que tout cela disparaisse d'un coup.
Après 1927 naît un mouvement mené par les grands chefs, moins nombreux et moins rapide que le Mau de notre monde, venu plus tard et plus conservateur.
Nous l'avons pesée surtout dans une version où les aînés titrés retiennent les jeunes gens. Elle se rompt au milieu des années 1920. Les hommes en âge de travailler en 1918 sont vivants et portent des titres. Ils ont hérité des griefs de titres des années allemandes, et ils ont déjà gagné une campagne de non-coopération contre un vapeur. Une génération pareille bouge plus tôt, et son mouvement se forme vers 1925. Un mouvement venu tard et resté discret nous ramènerait à la carte de notre monde sans rien pour expliquer ce retour ; nous l'avons écartée comme une route qui reconduit chez nous.
Les deux Samoa s'unissent, ou les Samoa occidentales passent de l'administration néo-zélandaise à celle des États-Unis.
La liaison radio gardée ouverte en 1918 et la quarantaine commune tenue jusqu'en 1919 donnent aux deux Samoa une mémoire partagée que notre monde n'a pas. C'est ce qui nous l'a fait peser. Elle se rompt sur quatre décennies, des années 1920 aux années 1950. La marine américaine tient Pago Pago comme base navale et n'a aucune raison de la partager ; plus tard, les Samoans américains eux-mêmes tiennent à garder leur statut auprès des États-Unis. Il en survit la quarantaine commune de 1918 à 1919 et, dans les années 1940, un courant politique dont les dirigeants usent comme d'un levier contre Wellington, jamais comme d'un projet.
Les domaines allemands confisqués par la Nouvelle-Zélande restent entiers et gérés par l'État jusqu'à l'indépendance, comme dans notre monde.
Rien ne casse dans cette route : nous l'avons écartée parce qu'elle colle trop à notre monde. Elle se défendait, elle faisait simplement un monde plus petit que celui que nous devons au lecteur. À partir de la fin des années 1930, un cinquième d'adultes en plus pèse sur une terre coutumière qui ne grandit pas. Tout à côté se trouve environ un cinquième du territoire, que la Couronne a pris à des propriétaires allemands et jamais à des Samoans. De toutes les redistributions, c'est celle qu'une tutelle peut le plus aisément payer. Nous avons pris la route où la moitié de ces domaines passe aux villages voisins au début des années 1950.
Tous les anciens domaines allemands passent aux villages contigus, en tenure coutumière.
La pétition de 1947 demande exactement cela, et ses signataires avaient mérité d'être entendus : nous l'avons donc pesée. Le budget du début des années 1950 la brise. Les domaines sont la principale ressource du territoire, et un prélèvement sur le coprah des villages ne peut remplacer tout ce revenu pendant la marche à l'indépendance. Le Trésor peut céder la moitié des surfaces environ, pas davantage. L'autre moitié reste à une société d'État, et elle devient à la fin des années 1980 une querelle à part entière.
Les Samoa occidentales deviennent indépendantes le 1er janvier 1962, date de notre monde.
Nous l'avons écartée parce qu'elle reste trop près de notre monde, et non parce qu'elle échoue. Elle se défendait ; elle faisait simplement un monde plus petit que celui que nous devons au lecteur. Ici, le règlement des domaines au début des années 1950 change la donne, et avec lui les instances villageoises qui tiennent la santé et le port depuis 1918, sous les yeux des missions de visite des Nations unies. Wellington et le Conseil de tutelle y trouvent une raison avouable d'aller plus vite. Nous avons pris le calendrier resserré : un plébiscite en 1959, l'indépendance le 1er janvier 1960.
Les Samoa occidentales accèdent à l'indépendance au début des années 1950, peu après l'ouverture de la tutelle.
La pétition de 1947 et le règlement des domaines vont tous deux dans ce sens, et nous l'avons pesée. La machine de la tutelle la brise au début des années 1950. Missions de visite des Nations unies, plébiscite obligatoire, réformes par étapes engagées par Wellington après 1947 : chacune de ces procédures demande des années. Personne, d'un côté ou de l'autre du Conseil de tutelle, ne pouvait les presser d'une décennie. Les sources nous portent jusqu'à deux ans d'avance sur notre monde, pas plus loin.
Le suffrage reste réservé aux matai jusque vers 2001, onze ans après la réforme de notre monde.
Ici, la génération qui a fermé le port tient les grands titres, et un ordre des chefs plus solide pourrait défendre plus longtemps son droit de vote. Nous l'avons pesée pour cela. Elle se rompt bien avant les années 1990, par la simple démographie : quiconque avait l'âge d'être matai en 1918 est mort en 1990. Les gardiens de la ligne ont donc disparu des décennies avant 2001. La scission des titres, la force qui a discrédité la liste des matai dans notre monde, commence ici plus tôt, parce que la terre manque dès la fin des années 1930. Elle avance la réforme d'autant.
Grossie des titres scindés, la liste des matai finit par égaler presque la population adulte, si bien que le suffrage universel paraît superflu et que la réforme glisse.
Dans les années 1970, demi-titres et quarts de titre inscrivent une large part des hommes adultes : c'est ce qui nous l'a fait peser. Notre propre monde la dément dans la même décennie. La même inflation des titres y a fait du suffrage des matai une fiction que chacun voyait, et la réforme de 1990 s'est imposée. Ici s'ajoute une seconde pression, dont la première n'avait pas besoin. Une diaspora plus vaste paie les toits des villages et les frais de scolarité sans voter. Le référendum de 1981 sur le suffrage universel sort des deux.
Les Samoans qui survivent à 1918 et leurs enfants restent au pays, et dans les années 1960 les Samoa occidentales sont bien plus peuplées, sur une terre coutumière qui cède sous leur poids.
À partir de 1919, environ un cinquième d'adultes en plus ont des enfants, et la terre ne grandit pas ; le poids est réel, et nous avons pesé cette route. Elle casse au milieu des années 1950. La pénurie de main-d'œuvre des usines néo-zélandaises et le régime de permis de travail attirent l'excédent vers Auckland, tandis que le partage de la moitié des anciens domaines soulage un peu le pays. La divergence part donc à l'étranger. Elle se lit dans une population samoane plus nombreuse en Nouvelle-Zélande, dans les Dawn Raids des années 1970 qui frappent plus de foyers samoans, et dans des envois de fonds proches de 40 % du revenu national en 2008.
L'impasse constitutionnelle qui suit les élections samoanes de 2021 et la dissolution du parlement en 2025 se produisent ici comme dans notre monde.
Récentes et bien documentées, ces crises auraient ancré les dernières années de ce monde dans des faits connus ; nous les avons pesées pour cette raison. Elles tombent dans les années 2020, faute de causes. Le suffrage a changé en 1981, deux partis alternent depuis au pouvoir, et la constitution de 1959 n'a pas été écrite comme la nôtre. Les forces qui ont produit ces crises dans notre monde ont disparu bien avant. Les reprendre garderait le nom des événements et jetterait tout ce qui les a fait naître. Les élections de 2021 passent donc dans l'alternance ordinaire.
Des responsables politiques samoans ou néo-zélandais vivants jouent un rôle dans la vie des partis après 1981 ou dans les excuses néo-zélandaises de 2000.
Cette route, nous ne l'avons pas pesée : nous l'avons fermée par principe. À partir des années 1980, la politique de ce monde s'écarte de la nôtre à chaque tournant. Y placer des personnes vivantes reviendrait à prêter à des hommes et à des femmes réels des décisions qu'ils n'ont jamais prises. Toutes les suites postérieures à 1981 reposent donc sur des partis inventés, des titulaires de charge inventés, ou sur le gouvernement néo-zélandais pris comme institution. La distribution s'amincit dans les dernières décennies, et nous en acceptons le prix.
Tout ce qui précède la bascule s'appuie sur ces lectures. Sous chaque titre, le passage retenu.
- Influenza in Samoa (NZHistory, Manatū Taonga)
Although the Talune had been quarantined in Fiji, no such restrictions were imposed in Samoa.
- Influenza hits Samoa (NZHistory)
came to Western Samoa on board an island trader, the Talune, on 4 November 1918
- Influenza 1918: the Samoan experience - Corpus
the captain instructed ill crew and passengers to hide their malady so as to prevent being delayed in Apia.
- How NZ took influenza to Samoa, killing a fifth of its population (RNZ)
Within two months, about 8,500 people were dead - a fifth of Samoa's entire population.
- 1918 Pacific influenza crisis (RNZ Afternoons)
The SS Talune left Auckland harbour with a clean "bill of health" 100 years ago
- A 100 years ago today a death ship from NZ arrived in Samoa (Public Health Communication Centre)
the Talune arrived in Apia, Western Samoa (modern day Samoa), on 7 November 1918
- Influenza (New Zealand Geographic)
By the time she arrived at Suva on November 4, however, several more crew were ill.
- The New Zealand Administration of Sāmoa (Te Papa)
the Commission put the death toll at 8,500 people, but that figure was likely higher.
- Naval Quarantine: Impervious to Epidemics of Virulent Disease (USNI Proceedings, July 2006)
In retaliation, Logan severed the radio link with American Samoa
- Lest We Forget: 1918: Preventing Influenza on American Samoa (USNI Proceedings, May 2020)
Commander Poyer instituted a quarantine program for all incoming ships.
- How American Samoa Kept a Pandemic at Bay (Lapham's Quarterly)
In American Samoa, however, nobody died from the pandemic.
- Paradise Locked: The 1918 Influenza Pandemic in American Samoa (Sites, 2013)
American Samoa successfully excluded the infection for years
- Imperial Infection: New Zealand and Influenza in Western Samoa, 1918-1920
with at least 25 per cent of the population perishing in eight weeks
- Pacific Islands and New Zealand: Samoa (Te Ara)
The Mau movement, which began in 1927, was a peaceful campaign for self-government
- Epidemic: the story of Robert Logan (The Spinoff)
New Zealand’s mishandling of the outbreak was a touchstone for the Mau movement
- Today in History: 4 June 2002 NZ Prime Minister Helen Clark Apologises to Samoa
offered an apology to Samoa for the failings of New Zealand’s early colonial administration
- New Zealand remembers victims of 1918 epidemic (Samoa Observer)
to allow the ship Talune, carrying passengers with influenza, to dock in Apia
- Samoa times - Collections Online - Auckland War Memorial Museum
edited the paper until his death on 21 November 1918 from influenza
- "H.M.S. Pinafore." Samoanische Zeitung, 12 January 1918 (Papers Past)
this initial of Apia's first amateur musical society
- Play based on Samoa's influenza tragedy to premiere in London (RNZ)
The play is written and directed by Siliga Sani Muliaumaseali'i
- 1918: Samoa and the Ship of Death (Talune) (NZ On Screen)
New Zealand was heavily criticised for not quarantining the vessel.
- Western Samoan pound
the pound sterling replaced the German mark as the currency of the territory
- Samoa
Occupied by New Zealand: 30 August 1914
- John Martin Poyer
in the neighboring islands of the Samoan group more than 10,000 deaths occurred